posts de juillet 2018


Juillet

Mardi 31 juillet

« Surpris avec une jambe de jeune femme dans son assiette et poursuivi en conséquence pour cannibalisme, il prétendit devant le juge qu’il était en train de manger des cuisses de grenouilles et que la dernière avait soudainement pris cette forme au contact de ses lèvres. la jurisprudence parlait pour lui et il fut acquitté avec les félicitations du jury et des excuses de la cour. »

Eric Chevillard

 

Les rideaux devant les fenêtres d’été se gonflent à la moindre brise et se donnent des airs de voilier en haute mer. Les regarder vous donnent à peu de frais le teint buriné d’un skipper solitaire.

 

 

Joseph_Mallord_William_Turner_-_Dutch_Boats_in_a_Gale_-_WGA23163

Turner, Bateaux hollandais dans la tempête

Juillet

Lundi 30 juillet

« On parle toujours des arrières-saisons, avec ses grands hôtels vides, aux volets clos, et ses plages désertes. L’avant-saison, c’est l’été pour moi tout seul. J’y suis [...] ça a été! L’été est la seule saison qui se conjugue au passé avec ses couleurs passées, ses parasols décolorées, sa terre battue, lasse de pas perdus, et ses brises pastellisées. »

Jean-Edern Hallier

 

Il a le charisme d’un bulot et le QI d’une huître, ce qui le rend irrésistible auprés des palourdes.

 

 

Eugène_Boudin_010

Eugène Boudin, Plage à Trouville

 

Juillet

Samedi 28 juillet

Livre de la semaine

La confusion des sexes

Michel Schneider

Flammarion

«Celui qui promettra à l’humanité de la délivrer de l’embarrassante sujétion sexuelle, quelque sottise qu’il choisisse de dire, sera considéré comme un héros» prédisait Freud, en 1914.

En polémiste incisif, Michel Schneider nous montre, dans « La Confusion des sexes », que la sottise s’est emparée du discours contemporain. On peut lui reprocher, comme le fait la presse, ses excès, mais s’agit-il vraiment d’excès ? Michel Schneider est le seul à oser écrire ce que certains pensent en sourdine, préférant refouler leur audace intime, face au battage médiatique claironnant l’indifférenciation généralisée.

Comment, dans notre monde égalisé, penser le sexe, sans l’altérité ? Contre l’historique domination masculine, le tsunami désexualisant, sur lequel surfe l’écrivain Frédérik Pajak, s’énonce ainsi : « Je suis un homme d’aujourd’hui, c’est-à-dire une couille molle ». Dans son désir de faire taire l’éternel malentendu homme-femme, la tentative politique d’arasement des différences s’attaque à cet archaïsme qu’est la sexualité masculine.

Ainsi, en nous délivrant du mâle, les nouveaux moralistes s’appuient sur le déni de la relation entre les sexes » pour dénouer l’assise symbolique de ce rapport impossible. Ils infirment les propos de Baudelaire, dans « Mon cœur mis à nu » : « Le monde ne marche que par le malentendu. C’est par le malentendu universel que tout le monde s’accorde. Car si, par malheur, on se comprenait, on ne pourrait jamais s’accorder ».

Funeste désymbolisation qui, en supprimant l’interdit, dans un vaste mouvement de délégalisation, fait entrer les interdictions nouvelles et infinies, dans la sphère privée, judiciarisant la sexualité, pénalisant certains comportements dits déviants, diabolisant certaines pratiques politisant les rapports, et… féminisant les mots eux-mêmes.

On comprend pourquoi les politiques ont l’heur d’inspirer Michel Schneider. Sans doute ne lui pardonneront-ils pas ce genre de phrase : « Députés ineptes et ministres malhabiles (…) lancent dans la nuit les signaux de leur détresse idéologique ». En ces temps de campagne présidentielle, où se joue l’élection à une fonction, oh combien symbolique, l’interrogation de Michel Schneider n’est pas sans intérêt. Elle nous enjoint de ne pas confondre féminité et féminisme. Le polémiste est féroce avec Marie Ségolène Royal, « petite mère des gens », « candidate de l’insoumission », promise dans ses propos mêmes, à la gestion de notre « caserne libertaire ».

On peut, pourtant, regretter que ses agressions contre le « socialisme moral et politique », si elles se justifient par la désexualisation masculine, ne visent qu’une orientation politique. Cet arasement du désir qu’illustrent les propos de Michel Schneider, se retrouve à l’intérieur de chaque famille politique et se moque de la fausse différence droite-gauche instrumentalisée par les médias dans la lutte pour la présidence. Marie Ségolène Royal n’est que le symptôme d’une époque dont les modes tentent de manipuler le patrimoine symbolique par la désexualisation masculine, jouant avec une arme de destruction humaine massive, plus dangereuse encore que le nucléaire , «le narcissisme de masse égalitaire et individualisé » vectorisant habilement le discours courant contemporain.

C’est le mérite de Michel Schneider de refuser de se taire. Il nous montre les ravages que peut produire la politisation des pratiques sexuelles quelles qu’elles soient. 0r, au détour d’une note de bas de page, il relève un lapsus dans le nouveau discours moraliste, à propos du maître-mot d’homophobie : Alors que celui-ci devrait désigner la peur ou la haine de celui qui aime le même, le mot est employé par nos progressistes auto-destructeurs, à contresens, puisqu’il signifie peur ou haine du même !

L’espoir, quant à l’avenir de l’humanité, peut renaître d’un lapsus !

G. Rousseau

 

scneider

Juillet

Vendredi 27 juillet

« Il a certes consacré deux ans à l’écriture de ce livre. Mais la bouse est le produit d’une longue et lente rumination. »

Eric Chevillard

 

Vu l’appétence des moustiques pour ma peau, j’envisage la création d’un nouveau service à la personne. Je propose en effet de protéger votre sommeil ou vos soirées prés d’un plan d’eau par ma seule présence. Je recrute deux, enfin trois autres aimants à vampires et nommerai cette association les trois moustiquaires. Nos tarifs bientôt sur ce blog…

 

La perfection existe aussi dans la laideur qui propose peut-être plus de diversité et de créativité que la beauté.

 

Une_femme_grotesque

Quentin Metsys, Femme grotesque

Juillet

Jeudi 26 juillet

Perdre
Mais perdre vraiment
Pour laisser place à la trouvaille.

Apollinaire

 

La pesanteur provoque les plis, les rides, les poches mais aussi rend les pensées moins légères, les propos plus graves, les rêves plus terre à terre. Les paupières déja s’affaissent et l’oreille tombe; bientôt rejoindre le sol sera la seule perspective. Quel soulagement que de ne plus lutter contre l’évidence, de ne plus voleter lourdement, de ne plus faire l’autruche et enfin ramper dans la glaise qui nous modela.

 

 

saraceni

Saraceni, La chute d’Icare

Juillet

Mercredi 25 juillet

« Je ne croyais pas à la réincarnation, mais voilà, comme je palpais mon estomac douloureux, m’est soudain venu la velléité d’envahir la Russie. »

Eric Chevillard

 

Les hélices du Bateau Taxi labourent le fleuve en vain. Ne pousseront que des vaguelettes.

 

Le seul avantage d’avoir le cul entre deux chaises, c’est de pouvoir chier librement.

 

 

ingres_napoleon_on_his_imperial_throne-tt-width-864-height-1400-fill-0-crop-0-bgcolor-eeeeee-lazyload-0

Ingres, Napoléon 1er sur le trône impérial

Juillet

Mardi 24 juillet

« Les évènements qui nous arrivent, ceux dans lesquels nous sommes activement impliqués comme ceux auxquels nous assistons passivement n’ont aucun sens en eux-mêmes. Ils n’acquièrent du sens qu’à partir du moment où ils sont « tricotés » par les mailles du langage, que l’on peut les raconter à soi-même et aux autres. »

Roland Gori

 

J’ai bien l’intention de ne plus bouger de là, je cherche à me fossiliser. Dans quelques siècles, on me trouvera assis sur ce banc, ne faisant qu’un avec lui. Les chercheurs essaieront de comprendre comment marchait cette créature à six pieds, au dos large et à l’assise rectangulaire, tournée vers le fleuve.

 

Je ne peux jamais écrire plus de six à sept phrases d’affilée, un peu comme une vache à la traite qui donne toujours la même quantité de lait.

 

 

Jean-Philippe-Arthur-Dubuffet-The-Cow-With-The-Subtle-Nose

Dubuffet, vache au nez subtil

Juillet

Samedi 21 juillet

Livre de la semaine

La dignité de penser

Roland Gori

ACTES SUD Babel

Au nom d’un « rationalisme économique morbide », une nouvelle colonisation des esprits envahit la planète. Avec ses agences d’évaluation et ses hommes de main, cette «religion du marché » interdit de penser le monde, notre monde, autrement que comme un stock de marchandises ou de produits financiers. Pour réaliser cette nouvelle manière de civiliser les moeurs il fallait faire chuter la valeur de l’expérience et celle du récit – de la parole – qui la transmet. En faisant baisser le cours de la parole au profit de l’information, de sa part la plus technique et mesurable, nous perdons le monde commun, nous perdons notre monde. Et plus encore en Occident, nous nous habituons à lâcher la démocratie pour l’ombre d’une technocratie qui organise insidieusement nos servitudes volontaires.

Cet ouvrage invite au retour du politique pour retrouver les conditions sociales et culturelles permettant de penser, de juger et de décider. Cela exige que soit d’abord interrogé le statut du savoir dans la culture, son rapport à l’expérience et aux pratiques sociales. Mais comment retrouver aujourd’hui la dignité de penser dans une culture qui ignore la légitimité du savoir du conte, du rêve, du jeu et de leurs récits ? La France qui se lève tôt a-t-elle encore le temps de raconter sa vie, son histoire et ses rêves ? 

 

41R6v4mF9LL

Juillet

Vendredi 20 juillet

« Le récit, tel qu’il a longtemps prospéré dans le monde de l’artisanat – rural, maritime puis citadin -, est lui-même une forme pour ainsi dire artisanale de la communication. Il ne vise point à transmettre le pur « en soi » de la chose, comme une information ou un rapport. Il plonge la chose dans la vie même du conteur et de cette vie ensuite la retire. Le conteur imprime sa marque au récit, comme le potier laisse sur la coupe d’argile l’empreinte de ses mains. »

Walter Benjamin

 

Un je-ne-sais-quoi, jolie expression peu employée. Un je-ne-sais-quoi dans sa démarche la rendait très séduisante ou un je-ne-sais-quoi dans son regard la faisait loucher horriblement, mais ça marche moins bien.

 

Avoir la patience d’un banc public!

 

 

Van gogh

Van Gogh, Banc en pierre dans le jardin de l’hôpital Saint-Paul

Juillet

Jeudi 19 juillet

« L’art de conter est en train de se perdre. Il est de plus en plus rare de rencontrer des gens qui sachent raconter  une histoire. Et s’il advient qu’en société quelqu’un réclame une histoire, une gêne de plus en plus manifeste se fait sentir dans l’assistance. C’est comme si nous avions été privés d’une faculté qui nous semblait inaliénable, la plus assurée entre toutes: la faculté d’échanger des expériences.

L’une des raisons de ce phénomène saute aux yeux: le cours de l’expérience a chuté. Et il semble bien qu’il continue à sombrer indéfiniment. »

Walter Benjamin

 

Le vent tourne violemment les pages de mon carnet mais n’y inscrit rien. Son souffle laisse la page blanche. Je n’ai plus qu’à prendre le relais.

 

On lit en lui comme dans un livre ouvert mais sur la table des matières, ce qui rend l’interprétation de son sourire difficile.

 

 

les-livres-juan-gris-2

Juan Gris, Le livre

Juillet

Mercredi 18 juillet

« Être malheureux est certes à la portée du premier venu. Mais se rendre malheureux, faire soi-même son propre malheur sont des techniques qu’il faut apprendre. »

Paul Watzlawick

 

Le train suit paradoxalement un chemin de traverses qui le mène tout droit à destination.

 

 

Leger_railway_crossing

Fernand Léger, The Railway Crossing

Juillet

Mardi 17 juillet

« En ce monde, il n’y a que deux tragédies. La première est de ne pas obtenir ce que l’on veut, et la seconde est de l’obtenir. La dernière est de beaucoup la pire, la dernière est une vraie tragédie. »

Oscar Wilde

 

Les photos sur les paquets de cigarettes sont de plus en plus réalistes et horribles et, de ce fait, ratent complètement leur but. Il est impossible de se projeter dans un univers aussi dramatique en fumant tranquillement une « clope » associée à la pause et au plaisir de la discussion.

 

 

Otto Dix

Otto Dix, Portrait de la journaliste Sylvia von Harden

Juillet

Lundi 16 juillet

« Voici bientôt quatre longues semaines que les gens normaux, j’entends les gens issus de la norme, avec deux bras et deux jambes pour signifier qu’ils existent, subissent à longueur d’antenne les dégradantes contorsions manchotes des hordes encaleçonnées sudoripares qui se disputent sur le gazon l’honneur minuscule d’être champions de la balle au pied. Voilà bien la différence entre le singe et le footballeur. Le premier a trop de mains ou pas assez de pieds pour s’abaisser à jouer au football. »

Pierre Desproges

 

J’ai beau regarder, ce matin rien n’a changé. Tout est à la place habituelle, les nuages dans le ciel, les feuilles sur les arbres, le train en gare et la boulangère derrière son comptoir. La vie continue, implacable et indifférente.

 

Aujourd’hui, je suis champion du monde et pour la deuxième fois. Mais le fait d’en croiser des centaines d’autres gâche un peu mon plaisir.

 

 

Nicolas-de-Staël-

De staël, Les Grands footballeurs

Juillet

Samedi 14 juillet

Livre de la semaine

La nuit sexuelle

Pascal Quignard

Flammarion

« Quand on sonde le fond de son coeur dans le silence de la nuit on a honte de l’indigence des images que nous nous sommes formées sur la joie. Je n’étais pas là la nuit où j’ai été conçu. Une image manque dans l’âme. On appelle cette image qui manque ‘l’ origine’. Nous cherchons cette image inexistante derrière tout ce qu’on voit.

Je cherche à faire un pas de plus vers la source de l’effroi que les hommes ressentent quand ils songent à ce qu’ils furent avant que leur corps projette une ombre dans ce monde. Si derrière la fascination, il y a l’image qui manque, derrière l’image qui manque, il y a encore quelque chose : la nuit. »

C’est en ces termes que l’auteur invite à poursuivre la réflexion singulière qu’il avait initiée avec ses premiers écrits. En s’appuyant sur des sources iconographiques variées (Bosch, Dürer, Raphaël, Titien, Rembrand, Rubens…) il pose, dans le présent opus, la question des origines et s’affronte sans détour à la difficulté de dire l’indicible, comme de représenter l’irreprésentable.

 

 

QDBBKDkXk_UVm3O4RI4jVUTi1xY

Juillet

Vendredi 13 juillet

« Que cela plaise ou non à certains, même les plus « intelligents » ou les mieux entraînés des chimpanzés ne connaissent pas et ne connaîtront jamais ni langage articulé, ni pensée réflexive, ni culture au sens anthropologique, ni arts, ni sciences, ni systême politique construit. »

Jean-Pierre Digard

 

Le corps du futur ressemblera à un mannequin de cire, à un produit de consommation, à un support de marques diverses et de tatouages décoratifs dénués de toute signification. Un corps d’androïde, objet de toutes les attentions, encore sexué sans doute mais de la façon la moins libre possible, selon des normes précises liées à des critères de compatibilité et de performance. Encore un effort, nous y sommes presque.

 

Les roues de son vélo sont pudiquement voilées, pas ses cuisse brunes qui les font tourner vigoureusement.

 

 

The Monkey as Painter / Chardin / 1740

Chardin, Le singe peintre

Juillet

Jeudi 12 juillet

« Ce qui distingue la poésie de la parole machinale, c’est que la poésie justement nous réveille, nous secoue en plein milieu du mot. »

Ossip Mandelstam

 

Elle retrouve son lit défait, ses rives en pointillés, puis, canalisée, domptée, apprivoisée, elle se contente de suivre son cours. Elle redevient studieuse, sérieuse, suivant sagement les méandres doux et calmes. C’est là qu’est sa place, que le regard s’apaise en la voyant courir sans hâte entre les arbres protecteurs. Elle sait que le fleuve l’attend, qu’elle se jettera sereinement dans ses bras liquides.

 

 

Alfred_Sisley_-_Saint-Mammès_le_matin_(1881)

Sisley, Saint-Mammès le matin

Juillet

Mercredi 11 juillet

« Il y a un autre monde mais il est dans celui-ci. »

Ignaz Paul Vital Troxler

 

Le ciel est son allié et tout baigne dans un bleu gris mouvant et trouble. C’est son oeuvre, sa force et son destin que de s’échapper régulièrement de ses berges, de confondre la terre et l’eau. Encore quelques jours et elle se retire lentement, à regret, elle aimait bien ses excés de tendresse, de curiosité, de présence. Elle se rétracte, renonce, fatiguée de régner sur le sol, de jouer au lac immobile, de cracher ses souhaits…

 

Paul-Klee-After-the-floods

Klee, Après l’inondation

Juillet

Mardi 10 juillet

« L’oeil existe à l’état sauvage. »

André Breton

 

La rivière est partout, elle suit toutes les pentes, coule dans le moindre creux, inonde la combe solitaire, recouvre la route arrogante, noie le chemin creux nappe d’un miroir aveuglant le pré aux chevaux, lèche les marches des maisons riveraines, console les saules pleureurs d’un baiser mouillé. Il lui faut tout le paysage, c’est une invasion aqueuse, une crue totalitaire et pacifique…

 

jean-baptiste-camille-corot-inondation-dans-une-saulie

Corot, Inondation dans une saulaie

Juillet

Lundi 9 juillet

« La laideur n’est pas neutre; elle agit sur l’homme et détériore sa sensibilité, au point qu’il ne ressent même pas sa dégradation, ce qui le prépare à descendre encore d’un cran. »

William Morris

 

Elle a fait trop de trapèze
Ses épaules en ont plein le dos
Et sa nuque n’en fait qu’à sa tête

 

Rondeur des mollets pleins
Moiteur des creux poplités
Douceur des cuisses rondes
Et les épaules nues de l’été

 

 

Edgar Degas, Devant le miroir 1889

Degas, Devant le miroir

Juillet

Samedi 7 juillet

Livre de la semaine

L’animalisme est un anti-humanisme

Jean-Pierre Digard

CNRS EDITIONS

Depuis plusieurs années, les animaux sont devenus un sujet sensible. Documentaires, tribunes, pétitions émaillent l’actualité, dénonçant des actes de maltraitance ou appelant à des mesures en faveur des animaux, et prenant à témoin l’opinion publique. Le droit lui-même s’est fait l’écho de ces préoccupations avec l’introduction des animaux dans le Code civil en 2015.

C’est ce phénomène social, cette nouvelle sensibilité que scrute cet ouvrage, à sa façon aussi engagé que les tenants de la « cause animale ». Spécialiste de la domestication animale, Jean-Pierre Digard nuance, contextualise, passe de la longue durée historique à l’examen des revendications présentes, et balaye bien des idées reçues. De quels animaux parle-t-on ? Que connaissent les urbains de la vie animale ? L’utilisation d’animaux par l’homme n’a-t-elle pas avant tout été un élément déterminant du processus de civilisation? Et quelles seraient les conséquences d’une « libération animale » ?

S’il critique et dénonce les dérives des mouvements animaliste, antispéciste et véganien, cet ouvrage n’en reste pas à une telle prise de position. Plus profondément, c’est le rapport des animalistes à leur propre humanité, et leur façon de diaboliser l’homme, qui sont rigoureusement mis en question.

 

images

12

Learohardleana |
1jour1chapitre |
CULTIVOR |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Kasnoiz
| Le sourire du marionnettiste
| Fantaysie