posts de mai 2018


Mai…

Jeudi 31 mai

« Quinze mille personnes ont eu la bonne inspiration de venir avec un parapluie, hier, à Roland Garros, où seul deux crétins se sont présentés avec une raquette.

Eric Chevillard

 

La rivière est immobile, dans l’attente de l’orage. Ses nénuphars la retiennent, petites ancres plantées dans son lit qui l’empêchent de s’emporter. Les grenouilles posées dessus ressassent leur musique batracienne puis se tiennent coites, la rivière écoute et ne bouge toujours pas…

 

Il a essayé de l’embrasser et a essuyé l’échec d’un revers de main sur ses lèvres ensanglantées.

 

 

Roy lichtenstein

Roy Lichtenstein

mai…

Mercredi 30 mai

Une alerte orange est comme une promesse d’orages merveilleux, de pluies formidables, de grêles sonores et joyeuses, de vent d’espérance, de fin d’un monde, du retour de la nature venant mettre enfin le désordre dans nos vies abritées, nos assurances tous risques et notre confort béat.

 

Sa sortie de prison fut difficile, la nostalgie de sa cellule était trop forte. Il emporta les barreaux et il se déplace désormais derrière eux, les portant devant lui; c’est sa grille de lecture du monde.

 

Courbet

Courbet, Portrait de l’artiste à Sainte-Pélagie

mai…

Mardi 29 mai

« Le livre est un morceau de silence dans les mains du lecteur. Celui qui écrit se tait. Celui qui lit ne rompt pas le silence. »

Pascal Quignard

mai…

Lundi 28 mai

« A l’éditeur [...] qui le suppliait de faire de l’un de ses romans une édition illustrée, Gustave Flaubert répondit brusquement: « L’illustration est anti-littéraire. Vous voulez que le premier imbécile venu dessine ce que je me suis tué à ne pas montrer. »

Pascal Quignard

mai…

Samedi 26 mai

Livre de la semaine

Le Nu impossible

François Jullien

Seuil

Tout désigne le Nu comme un phénomène qui a si bien collé à la culture européenne que nous n’en sommes jamais sortis. L’Église a pu rhabiller le sexe, mais elle a gardé le nu.

En revanche, s’il est un espace culturel où le nu est resté complètement ignoré, c’est bien en Chine. Donnée d’autant plus surprenante que la tradition artistique chinoise a largement développé la peinture et la sculpture des personnages.

Une absence aussi radicale renvoie à une impossibilité. Nous voilà donc conduits à nous interroger sur la condition de possibilité du nu : à quoi, d’un point de vue théorique, a-t-il dû de s’interposer entre la chair et la nudité, le désir et la honte ? Rouvrant un accès sensible à l’ontologie, François Jullien en fait le révélateur de notre quête de l’en-soi et de la présence, en même temps qu’il met au jour un nouvel objet, d »autant plus intéressant à penser qu’il est identifié par son absence : le « Nu impossible ».

 

Le-nu-impoible

mai…

Vendredi 25 mai

« Je sais que la vie s’invente toujours contre ces rôles que la plupart, comme d’habitude, acceptent avec une docilité frivole. »

Annie Le Brun

 

Elle accompagne quelque temps ses soupirants éconduits, les assiste dans leur déception et assure ainsi un Service Après Veste efficace.

 

l’Orage du désespoir passa sur sa vie, d’abord la lumière aveuglante de l’échec puis le craquement sec des illusions qui s’effondraient.

 

L'orage Jean Pierre Cassigneul

Jean-Pierre Cassigneul, L’orage

mai…

Jeudi 24 mai

« J’ai perdu mes deux bras dans un accident me confia-t-il. On s’y fait, comme à toute chose. Vous savez, le plus pénible pour un manchot, c’est plutôt d’être continuellement confondu avec le pingouin. »

Eric Chevillard

 

Il est tombé trois gouttes mais vraiment trois. Une sur mon visage, une sur mon livre, une sur le banc. Puis je dire qu’il a plu?

 

Au royaume des sourds les aveugles sont muets.

 

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Jean Martin, Les Aveugles

mai…

Mercredi 23 mai

« Il est criminel de tuer la victime parce qu’elle est sacrée…mais la victime ne serait pas sacrée si on ne la tuait pas. »

René Girard

 

On ne peut se voir de dos…se voir partir, reconnaître sa démarche, se lancer à sa poursuite, avoir du mal à se rattraper, se rejoindre enfin, se taper sur l’épaule, se retourner et… excusez moi, je vous avez pris pour moi.

 

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Rembrandt, Le Sacrifice d’Isaac

mai…

Mardi 22 mai

« Entre la vie et moi, une vitre mince. J’ai beau voir et comprendre la vie très clairement, je ne peux la toucher. »

Fernando Pessoa

 

Le secret est à taire, à enfouir. Creuser ce taire ne suffit pas toujours à le révéler.

 

Ça a fini comme ça.

 

Le secret

Félix Nussbaum, Le secret

mai…

Lundi 21 mai

« Il faut savoir terminer une grève dès que la satisfaction a été obtenue. Il faut même savoir consentir au compromis si toutes les revendications n’ont pas encore été acceptées mais que l’on a obtenu la victoire sur les plus essentielles revendications. »

Maurice Thorez

 

Or, j’ai obtenu satisfaction. Je garde la main sur mon clavier AZERTY, il ne sera pas ouvert à la concurrence.

 

Pour montrer ma bonne volonté, j’ai même accepté de reprendre un jour férié.

 

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Le Caravage, St Matthieu et l’Ange

mai…

Jeudi 17 mai

 

 

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Giuseppe Pelliza da Volpedo, Il Quarto Stato

 

mai…

Mercredi 16 mai

Blog en grève 

Toutes les phrases sont bloquées dés l’inspiration.

Un service minimum est cependant assuré ce jour (voir ci-dessous).

 

Blog, blog, blog…

 

mai…

Mardi 15 mai

“L’homme est la seule créature qui refuse d’être ce qu’elle est”

Albert Camus

 

Nous sommes de toute façon conçus pour aller de l’avant sinon nous aurions des yeux derrière la tête ou la possibilité de la tourner à 360°. Le passé est sur mes talons, l’avenir là où vont mes yeux, le présent au bout de mon nez.

 

Il regardait le temps passer lorsque celui-ci s’arrêta et le regarda à son tour.

 

 

 Chagall

Marc Chagall, Le temps n’a point de rive

mai…

Lundi 14 mai

Ecoutez ma voix se cherche en bas dans les roseaux prés de l’étang

Autour de votre cou je noue l’écharpe et je pose sur vos épaules le manteau

Je vous envoie dehors de vous dehors

Je vous pousse dans la rue dehors de vous dehors dehors

Est ce que je sais ce que je vis et cet air en moi étouffé…

Jacques Bertin

 

La chanteuse est sur le retour mais elle n’est pas pressée de rentrer et se succèdent les succés surannés devant un parterre de grabataires conquis mais peu enclins à chanter ou à danser. Allez savoir pourquoi.

 

Brouillons les pistes. Je laisse désormais derrière moi un nuage de fumée noire et de larges traces de gomme sur le bitume avant de pédaler en trombe…

 

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Simone Martini, Saint Martin partageant son manteau

mai…

Samedi 12 mai

Livre de la semaine

L’homme selon le DSM

Le nouvel ordre psychiatrique

Maurice Corcos

Albin Michel

Se référant aveuglément au DSM américain, manuel statistique et diagnostique des troubles mentaux, un courant majoritaire de la psychiatrie française se contente désormais d’additionner des faits plutôt que d’interroger la façon dont les symptômes s’articulent avec l’histoire des patients. On étiquette un adulte ou un enfant, on impute son trouble à tel dysfonctionnement du système nerveux, on administre un traitement. Et, croyant délimiter le normal et le pathologique, on ne cesse d’élargir les catégories de la maladie mentale…

Déshumanisant la médecine, cette idéologie, répandue avec la bénédiction des pouvoirs publics à qui elle offre un moyen efficace de renforcer les contrôles gestionnaires, déshumanise aussi l’homme.

Maurice Corcos dénonce les failles et les dérives de ce système incapable de s’appuyer sur tout ce qui, dans la diversité de l’humain, fait sa force derrière sa fragilité. Que deviennent les sujets qui n’entrent pas dans les bonnes cases ? À quoi s’expose-t-on en médicalisant de plus en plus d’états de l’âme ? Qui sont les « experts » qui définissent le normal et le pathologique et quels sont leurs liens éventuels avec certains laboratoires pharmaceutiques ? Ce livre ouvre les yeux sur le triomphe d’une science classificatoire qui est elle-même le symptôme d’une société malade.

Le Pr Maurice Corcos, psychiatre et psychanalyste, dirige le département de psychiatrie de l’adolescent et du jeune adulte de l’Institut mutualiste Montsouris de Paris. 

 

 

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mai…

Vendredi 11 mai

Le vieil étang

Une grenouille pédale

Petite raine

 

Le ciel a la transparence grise des trahisons de la nuit à venir.

 

Sous l’érable, dort un lapin.

 

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Qi Baishi

mai…

Lundi 8 mai

« Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux: c’est le suicide. »

Albert Camus

 

Tâche Rouge comme une robe d’été

Surface Grise comme un ciel de lit

Façade Blanche comme un linge de maison

Couleurs de lundi près de midi

 

Prenez garde à l’intervalle entre le marche pied et le quai, entre la naissance et la mort.

 

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Max Pechstein, Youg women with Red Fan

mai…

Samedi 5 mai

Livre de la semaine

L’architecture à toute vitesse

Philippe Trétiack

SEUIL

De l’Iran à la Chine, de Beyrouth à Rio, des îles Grecques au Texas, Philippe Trétiack parcourt le monde pour y récolter autant de règles d’architecture que d’histoires. En voici 56, échevelées, dures et exotiques, concrètes et désopilantes. Après son fameux Faut-il pendre les architectes ? nous voici pris sous le feu de snippers à Abidjan, envoûtés par une danseuse du ventre au Caire, précipités dans des émeutes à Buenos Aires, ficelés dans un side-car de compétition, terrifiés par le Président Poutine à Moscou… Manuel de globe-trotter et de déconstruction mené à cent à l’heure, L’Architecture à toute vitesse fait de l’irrévérence une vertu, et transforme l’architecture en une réflexion personnelle sur un monde absurde où les portes claquent comme des coups de feu.

 

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mai…

Vendredi 4 mai

« J’ai toujours pensé qu’il n’y avait de réflexion réelle qu’à partir du moment où on s’oblige soi-même à l’épreuve de l’écriture. »

Pascal Quignard

 

L’histoire était balbutiante, la géographie était celle de la rue qui menait à l’école, une rue de montagnes russes comme toutes celles de la ville. Une rue qui fait les pieds et les jambes, une rue à dévaler, à courir jusqu’à l’entrée de l’immeuble, bouche ouverte, qui m’avalait brutalement et me recrachait au matin à même la chaussée sans transition, pas de trottoir, au ras des carrosseries menaçantes…

 

C’est au pied de la murette qu’on voit le colimaçon.

 

 

La ville verte

Friedensreich Hundertwasser, La ville verte

mai…

Jeudi 3 mai

« Celui qui suit quelqu’un ne cherche rien. »

Montaigne

 

Overdose de vert, monotonie de printemps. Heureusement, les tâches jaunes du colza et des ajoncs, les saignées blanches des chemins, les plaques rouges des toits et le ciel, couvercle gris acier, recouvrant le tout. 

 

Ca sonne creux quand il sollicite son vieux crâne, ça raisonne moins bien qu’avant mais ce vide le rend plus drôle, plus léger, plus détaché. Il est prêt à prendre son envol.

 

Pieter Bruegel La chute d'Icare, copie 1595 1600

Brueghel, La chute d’Icare

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