posts de janvier 2018


Janvier

Jeudi 18 janvier

« Quand j’aurai cent dix ans, je tracerai une ligne et ce sera la vie. »

Hokusaï

 

A quoi rêvent les trains qui vont de gare en gare? 

Envient ils les sillages blancs des paquebots géants?

Et délaissant leurs vieux rails rouillés pour des courses d’écume dans des océans enragés, ils se réveillent soudain dans des gares immenses aux verrières illuminées.

 

Enfin dégrisé, il retourne au blanc passé de ses cheveux et au noir lumineux de ses nuits.

 

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Janvier

Mercredi 17 janvier

« Je ne puis me nommer un initié. J’ai été un chercheur, et le suis encore, mais je ne cherche plus dans les astres et dans les livres. Je commence à entendre ce qui bruit dans mon propre sang. »

Hermann Hesse

 

Questions existentielles:

Peut-on parler de diarrhée mélancolique quand on se fait chier comme un rat mort?

En quoi un rat mort de dysenterie est ennuyeux?

Etait-il moins barbant vivant?

 

Le soir tombe et la lumière s’accroche encore à tout ce qui peut la retenir avant de sombrer, flaques d’eau argentées dans les champs, rails luisants, bitume humide… Puis la nuit encrera tout de son noir épais, protecteur et menaçant.

 

Emil Nolde

Janvier

Mardi 16 janvier

« Du corps par le corps avec le corps depuis le corps et jusqu’au corps. »

Antonin Artaud

 

« Maintes et maintes fois » dit-elle joliment. Qui parle encore de cette façon? « Plein de fois » ou « gavés de fois » dirait-on maintenant de façon indigeste. On peut penser que nous perdons quelque chose, que le phrasé, le rythme, la poésie ou le récit y laissent des plumes.

 

« Je dors les yeux éteints » dit Marie-France dans un assemblage infantile et psychotique, d’organique et de mécanique.

 

Dali le sommeil

 

 

Janvier

Lundi 15 janvier

« Prochains livres de Boris Cyrulnik que nous attendons avec impatience: Sauvé par le cancer, Les douze joies du deuil, Marche moi encore sur le pied, Ça va aller mieux, je suis mort. »

Eric Chevillard

 

Une combe est une vallée creusée au sommet et dans l’axe d’un pli anticlinal. Elle est dominée de chaque côté par des versants escarpés, les crêts.

 

J’empierre la combe depuis soixante ans. Elle est désormais pavée de pierres calcaires comme les lavognes du Larzac et, par endroits, comme l’enfer, de bonnes intentions.

 

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Janvier

Samedi 13 janvier

Livre de la semaine

L’homme-dé

Luke Rhinehart

Editions de l’Olivier

« Au physique, je suis un homme grand et fort, avec de grosses mains de boucher, des cuisses comme des troncs, une mâchoire taillée dans le roc, et des lunettes massives aux verres épais. »

 

L'homme dé

 

 

Janvier

Vendredi 12 janvier

« Chaque rencontre nous disloque et nous recompose. »

Hugo von Hommennstahl

 

La rencontre nous disloque, nous sort de notre lieu, nous démembre, nous désarticule  à ne plus pouvoir parler comme avant, à parler en pièces, à parler à coté. Par quel mystère nous parvenons malgré tout à nous entendre, à nous comprendre, à partager un temps nos solitudes. Toujours le langage, toujours la parole, toujours le vide dans lequel nous nous retrouvons et nous recomposons.

 

La parole, EvelyneJ

Janvier

Jeudi 11 janvier

Hier, rien, page blanche, pas disponible pour l’écriture et je me surprends à penser aux quelques personnes qui viennent sur ce blog (à qui, au passage, je souhaite une bonne année!) Qu’ont elles pensées?

 

Il est malade. Il est mort. C’est une panne d’ordinateur. Comment je vais faire désormais sans lui. De toute façon, c’est nul. C’est un flemmard. Tiens, y’a rien…

 

Cest bien le blanc, aussi…

 

Olivier Merijon

Janvier

Mardi 9 janvier

« J’arrête. Cette fois, j’y suis bien résolu. J’arrête. Et cette fois, je sais que la volonté est là. Je sais que ce ne sont pas des paroles en l’air. Il y a de la fermeté en moi comme jamais. Je ne cèderai pas. Je ne serai pas faible. Pas cette fois. J’arrête. Il me reste à décider quoi; et J’ARRETE! »

Eric Chevillard

 

L’onglée me guette avec ma galette portée sans gants.

 

Ce manchot fait la manche au pôle nord, la banquise blanchit les rares pièces que des pingouins ivres de vent déposent dans sa main valide qu’un ours bipolaire en partance pour le sud lèche affectueusement.

 

Caillebotte Vue_de_toits_(Effet_de_neige)

Janvier

Lundi 8 janvier

Le vernissage ayant eu lieu il y a soixante ans, je distribue actuellement des cartons d’invitation pour le vieillisage de mon exposition sur cette terre.

 

Le virus de la grippe ne saurait m’identifier, j’ai mis un masque.

 

giovanni-batista-piazzetta-jeune-femme-tenant-masque

Janvier

Samedi 6 janvier

Livre de la semaine

L’autofictif ultraconfidentiel

Eric Chevillard

L’arbre vengeur

« Trois notes chaque jour, depuis dix ans, qu’il vente ou neige. Au lieu de sortir le cerf-volant ou la luge. qu’est-ce que cette assiduité maniaque, cette routine? »

 

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Janvier

Jeudi 4 janvier

On va enfin savoir ce que le sexa génère.

 

Janvier

Mercredi 3 janvier

Eau partout, le ciel se vide sur moi

Les yeux mouillés de pluie 

La bouche noyée le visage baignée 

Je pleure une eau étrangère

Je recrache des larmes qui ne sont pas les miennes

J’avance en apnée dans un liquide de début du monde

 

Il était garde-barrière de corail.

 

pluie-pares-brises, Karen Woods

Janvier

Mardi 2 janvier

« Mais vous savez bien que rien ici-bas ne peut prétendre à l’existence tant que ça n’a pas reçu de nom. »

Nathalie Sarraute

 

7381819_neant-expo-dsc-1245 bruno Robert 2011

Janvier

Lundi 1er janvier

J’avais envie d’écrire des vœux lumineux, mais l’obscurité de mes pensées était telle que je décidais d’aller y voir de plus prés. Il me suffisait de passer derrière les paupières et le cerveau m’attendait. Je commençais ma tournée par l’hypothalamus, le thalamus puis l’hypophyse, rien de particulier. Un détour par l’hippocampe ne m’apprit rien de plus. Après avoir ainsi enrichi mon orthographe, je finis par dénicher le coupable, le locus niger bien sûr, la substance noire de mes pensées, le coté obscur de mes forces.
Comment éclairer mon esprit et écrire un peu plus léger?
Il est vrai que toute obscurité appelle la lumière, que le jour attends la nuit pour rêver et que la nuit espère le jour pour exister.
Je débouchais enfin sur une substance blanche qui m’évoqua la neige de janvier. Mes pensées s’y reflétaient de façon éclatante et je sus que j’avais trouvé le locus albus de mon cerveau.
Mes vœux pouvaient trouver là matière à penser.
De toute façon, la nouvelle année n’en fera qu’à sa tête, lumineuse et sombre et tout recommencera à finir.
 

 

 

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